Publié le 15 mars 2024

Contrairement au mythe tenace, le bijou n’est pas une protection anti-inflation automatique ; sa performance financière dépend entièrement de la maîtrise des coûts cachés et des frictions de marché.

  • La valeur d’un bijou est amputée par la « façon » (main-d’œuvre) et une TVA de 21% en Belgique, contrairement à l’or d’investissement (0% TVA).
  • La liquidité est un leurre : transformer un bijou complexe ou une montre de luxe en cash peut prendre des mois et engendrer des commissions jusqu’à 30%.

Recommandation : L’épargnant avisé doit systématiquement calculer la valeur intrinsèque du métal précieux et privilégier les actifs standardisés (lingots, pièces) pour une véritable protection de son capital.

Face à une inflation persistante qui érode la valeur de l’épargne, de nombreux investisseurs belges se tournent vers des actifs tangibles. L’or, valeur refuge par excellence, est souvent la première option. Dans ce contexte, l’idée d’allier l’utile à l’agréable en investissant dans des bijoux semble séduisante. Après tout, un collier en or ou une montre de luxe ne sont-ils pas des formes d’or portables et esthétiques ?

Cette approche repose sur une perception commune : le bijou, parce qu’il contient des métaux précieux, conserverait sa valeur et protégerait le capital des aléas monétaires. On entend souvent qu’il suffit de se rendre dans un comptoir d’achat d’or pour le convertir en liquidités en cas de besoin. Cependant, cette vision simpliste occulte des réalités financières complexes et souvent brutales, spécifiques au marché des objets d’art et de collection.

L’angle de cet article rompt avec cette idée reçue. Nous démontrerons que la véritable clé pour évaluer un bijou comme un actif financier ne réside pas dans son attrait esthétique ou son poids en or, mais dans une analyse froide de sa valeur de revente nette. Il s’agit de comprendre les mécanismes de la prime de fabrication, de la fiscalité belge (TVA), des commissions de revente et, surtout, de la liquidité réelle de ces actifs. Un bijou n’est pas un lingot. Confondre les deux est l’erreur fondamentale qui peut transformer un investissement espéré en perte financière.

Cet article vous fournira les outils d’un analyste pour disséquer cette classe d’actifs. Nous aborderons la facilité de revente, les leviers fiscaux, le calcul des coûts cachés, les pièges de l’achat « coup de cœur », le timing optimal de vente et la liquidité des pièces les plus désirables comme les diamants de couleur ou les montres de luxe.

Pour vous guider dans cette analyse financière, voici un aperçu des points cruciaux que nous allons décortiquer. Chaque section vous apportera une brique de connaissance essentielle pour évaluer le bijou non plus comme un ornement, mais comme un véritable instrument d’investissement.

Bijoux en or ou lingots : lequel est le plus facile à revendre en cas de coup dur ?

La liquidité est le critère cardinal d’une valeur refuge en temps de crise. Sur ce point, la distinction entre un lingot d’or et un bijou, même massif, est fondamentale. Un lingot est un produit standardisé, fongible, dont la valeur est directement et universellement corrélée au cours spot de l’or. Sa pureté (généralement 999,9‰) et son poids sont certifiés, ce qui le rend immédiatement négociable sur les marchés mondiaux. Un bijou, à l’inverse, est un objet unique dont la valeur se décompose en deux parties : la valeur intrinsèque du métal et la valeur de la « façon » (design, travail de l’artisan, marque).

Lors de la revente, surtout dans l’urgence, la valeur de la façon est presque toujours perdue. Les comptoirs d’achat d’or évaluent le bijou uniquement sur son poids en métal précieux après l’avoir testé, puis appliquent une décote. La revente d’un lingot est donc structurellement plus simple et plus efficace. Il peut être vendu rapidement dans n’importe quel comptoir spécialisé avec des commissions faibles, de l’ordre de 3 à 5 %. Les bijoux, eux, sont plus facilement acceptés, mais la valeur de rachat reflète rarement le prix d’achat initial. Il faut également noter que la réglementation belge limite les transactions en espèces à 3000€ maximum par personne et par jour, un facteur à considérer pour les ventes importantes.

Le tableau suivant illustre clairement les différences de liquidité en Belgique pour ces deux formes d’or.

Comparaison des canaux de revente en Belgique
Canal de revente Lingots Bijoux Délai Commission
Comptoirs spécialisés Très facile Facile 24-48h 3-5%
Banques Possible (rare) Non 1 semaine 5-8%
Enchères Difficile Adapté (signés) 3-4 mois 20-25%
Plateformes en ligne Moyen Moyen Variable 5-10%

En synthèse, pour un besoin de liquidités immédiat, le lingot surpasse le bijou par sa simplicité de transaction et la transparence de sa valorisation. Le bijou conserve une liquidité, mais au prix d’une perte quasi systématique de sa valeur ajoutée artistique.

Comment récupérer la TVA sur l’achat de bijoux d’investissement via une société ?

Pour un épargnant agissant via une société en Belgique, l’optimisation fiscale est un levier majeur. Cependant, la notion de « récupération de TVA » sur les bijoux est un terrain miné qui mène souvent à des conclusions erronées. La règle de base est simple : les bijoux et l’orfèvrerie sont considérés comme des biens de consommation et sont soumis à une TVA de 21%. Cette TVA n’est généralement pas déductible, car il est très difficile de prouver que l’achat d’un collier ou d’une bague est réalisé dans le cadre strict de l’activité professionnelle de la société.

La véritable optimisation ne consiste donc pas à récupérer la TVA, mais à l’éviter légalement. C’est ici que le choix de l’actif devient primordial. Selon la législation belge actuelle, l’or d’investissement (lingots et certaines pièces) est totalement exonéré de TVA. En revanche, les lingots d’argent, de platine ou de palladium sont considérés comme des biens industriels et taxés à 21%. Seules certaines pièces en argent peuvent bénéficier d’un régime de TVA sur la marge, plus favorable.

Par conséquent, pour une société, vouloir investir dans un « bijou » est presque toujours une erreur fiscale. L’arbitrage est clair : l’investissement doit se porter sur des actifs en or exonérés de TVA pour maximiser le capital alloué. Tenter de faire passer un bijou en frais professionnels expose à un risque de requalification en Avantage de Toute Nature (ATN) pour le dirigeant, avec une taxation à la clé. L’optimisation fiscale passe par la discipline et le choix d’actifs financiers reconnus, non par l’achat d’objets d’agrément.

Votre plan d’action pour optimiser fiscalement l’achat de métaux précieux en Belgique

  1. Priorité à l’or d’investissement : Ciblez exclusivement les lingots et pièces d’or reconnues, qui sont totalement exonérés de TVA à l’achat.
  2. Arbitrage sur les autres métaux : Pour l’argent ou le platine, privilégiez les pièces de monnaie ayant cours légal qui peuvent bénéficier du régime de la TVA sur la marge, et évitez les lingots taxés à 21%.
  3. Documentation de l’objet social : Assurez-vous que l’investissement s’inscrit logiquement dans l’activité de votre société. Documentez l’intention d’investissement pour vous prémunir contre une requalification en ATN.
  4. Traçabilité administrative rigoureuse : Conservez méticuleusement toutes les factures d’achat, les certificats d’authenticité et les preuves de paiement. Une comptabilité irréprochable est votre meilleure défense.
  5. Anticipation de la revente : Planifiez dès l’achat la stratégie de sortie et la fiscalité applicable sur la plus-value, qui varie selon que l’opération est jugée spéculative ou de « bon père de famille ».

Comment calculer si vous payez trop cher la « façon » (main d’œuvre) par rapport au poids d’or ?

L’un des plus grands pièges de l’investissement dans les bijoux est de confondre le prix d’achat avec la valeur du métal précieux qu’ils contiennent. La différence entre les deux est la « façon » ou « prime », qui représente le coût du design, de la fabrication, de la marque et de la marge du détaillant. Pour un investisseur, payer cette prime revient à acheter un service (l’artisanat) plutôt qu’un actif (l’or). Savoir la calculer est donc essentiel pour ne pas surpayer son investissement.

La formule est simple en théorie. Il s’agit de comparer le prix de vente du bijou à sa valeur intrinsèque en or. Pour ce faire, il faut connaître le poids exact d’or fin dans le bijou (ex: un bijou de 10g en 18 carats contient 7,5g d’or pur) et le multiplier par le cours de l’or au gramme. La différence entre le prix payé et cette valeur intrinsèque, exprimée en pourcentage, est la prime. Une prime de 100% signifie que vous payez deux fois la valeur du métal. Une prime de 30% à 50% est courante pour des bijoux de fabrication industrielle, mais elle peut exploser pour des pièces de créateur ou de haute joaillerie.

Mise en scène comparative montrant un lingot d'or pur et des bijoux ouvragés sur une balance symbolique

D’un point de vue purement financier, toute prime est une perte potentielle, car elle est rarement récupérée à la revente, sauf pour des pièces de collection exceptionnelles. Un investisseur rationnel cherchera donc toujours à minimiser cette prime. L’analyse, telle que décrite par les experts du secteur, est sans appel : pour un objectif de préservation du capital, il faut privilégier les actifs à prime faible ou nulle, comme les lingots et les pièces d’investissement. Le bijou ne devient pertinent que si la prime est justifiée par un potentiel de plus-value lié à sa rareté ou à sa signature, un pari bien plus risqué.

L’erreur d’acheter un bijou « coup de cœur » en espérant faire un investissement financier

L’achat d’un bijou est souvent un acte émotionnel, lié à une célébration, un plaisir personnel ou une esthétique qui nous touche. Il n’y a aucun mal à cela. L’erreur fondamentale, cependant, est de tenter de rationaliser a posteriori cet achat « coup de cœur » en le qualifiant d’investissement. D’un point de vue financier, un bijou neuf acheté en boutique subit une décote instantanée et significative dès qu’il quitte le magasin. Il devient un objet d’occasion, et sa valeur de marché chute brutalement.

Selon les experts en bijoux d’investissement, on estime cette perte à environ 30% de sa valeur d’achat. Cette décote correspond simplement à la marge du détaillant et à la TVA (si applicable) qui s’évaporent instantanément. Penser qu’un bijou moderne, même d’une marque connue, prendra de la valeur est un pari extrêmement hasardeux. La production de masse et l’évolution des modes font que la grande majorité de ces pièces ne verront jamais leur valeur dépasser leur prix d’achat initial, corrigé de l’inflation.

Il faut distinguer le bijou « coup de cœur » du bijou de collection. Ce dernier possède des caractéristiques qui peuvent lui donner un potentiel de plus-value : une signature d’une grande maison (Cartier, Van Cleef & Arpels), une provenance historique, une époque de fabrication recherchée (par exemple, les bijoux Art Déco des années 20-30), ou une rareté avérée. L’achat d’un tel bijou relève de l’expertise d’un collectionneur et non de l’impulsion d’un amateur. L’investisseur doit donc opérer un choix clair : soit il achète un objet pour son plaisir personnel en acceptant la perte de valeur, soit il adopte une démarche analytique froide, dénuée d’affect, en ciblant des actifs dont la valeur ne dépend pas de la subjectivité.

Quand revendre vos bijoux : attendre le pic de l’or ou une crise économique ?

La question du « bon moment » pour vendre est centrale pour tout investisseur. Dans le cas des bijoux en or, deux stratégies principales s’opposent : vendre lorsque le cours de l’or atteint un sommet, ou conserver l’actif comme une assurance à liquider uniquement en cas de crise économique personnelle ou systémique. Chaque approche a sa logique et ses risques. Vendre lors d’un pic du cours de l’or vise à maximiser la plus-value sur la valeur intrinsèque du métal. C’est une stratégie de trading actif qui nécessite un suivi des marchés et une capacité à anticiper les retournements de tendance.

À l’inverse, conserver l’or comme une protection ultime en cas de crise majeure est l’essence même de la « valeur refuge ». Historiquement, l’or a démontré sa capacité à préserver le pouvoir d’achat durant les périodes de forte incertitude. Par exemple, durant les années 1970, marquées par une forte inflation mondiale, le prix de l’or a quadruplé, offrant une protection spectaculaire aux détenteurs de métal jaune. Attendre une crise pour vendre signifie que l’on ne cherche pas la performance maximale, mais la sécurité absolue. Dans un tel scénario, la liquidité et l’acceptation universelle de l’actif priment sur tout le reste, ce qui favorise une fois de plus les lingots et les pièces par rapport aux bijoux complexes.

L’arbitrage dépend donc entièrement de l’objectif de l’investisseur. Si l’objectif est la croissance du capital, une gestion active en fonction des cycles du marché de l’or peut être envisagée, mais elle est risquée. Si l’objectif est la préservation du patrimoine et l’assurance contre un effondrement, alors le « bon moment » pour vendre est « jamais, sauf en cas de nécessité absolue ». Pour la majorité des épargnants belges cherchant une protection, la seconde approche est la plus prudente et la plus cohérente. Le bijou-investissement n’est pas un ticket de loterie, mais une police d’assurance.

L’erreur de penser qu’on peut revendre un diamant bleu en 24h (la réalité du marché illiquide)

Si la liquidité d’un bijou en or standard est déjà inférieure à celle d’un lingot, celle d’une pierre de couleur exceptionnelle, comme un diamant bleu, est d’un tout autre ordre de complexité. Le mirage d’un actif ultra-rare qui se vendrait « tout seul » et instantanément est une fiction dangereuse. La réalité est celle d’un marché de niche, extrêmement étroit et illiquide. Il n’existe pas de « cours spot » pour un diamant bleu de 2 carats comme il en existe un pour l’or.

Chaque pierre est unique. Sa valeur dépend d’une multitude de facteurs (les 4C : Carat, Cut, Clarity, Color, mais aussi la fluorescence, la provenance, l’histoire) qui ne peuvent être évalués que par une poignée d’experts mondiaux. Selon les cotations du marché du diamant, un diamant blanc de qualité supérieure peut déjà représenter une somme considérable, mais la valorisation d’une pierre de couleur est exponentiellement plus complexe. Vendre un tel actif ne se fait pas en poussant la porte d’un bijoutier. Le processus est long et coûteux.

Depuis la Belgique, place forte du diamant avec Anvers, le parcours est structuré. Il implique une certification par un laboratoire de renommée internationale (GIA, HRD), puis la consignation auprès d’un courtier spécialisé. Ce dernier présentera la pierre à un cercle restreint d’acheteurs potentiels ou l’inscrira dans le catalogue d’une vente aux enchères prestigieuse à Genève, Hong Kong ou New York. L’ensemble du processus, de l’expertise à la réception des fonds, prend au minimum 6 à 12 mois. La friction de liquidité est donc immense, et cet actif ne peut en aucun cas être considéré comme une réserve d’urgence. C’est un placement de diversification à très long terme pour des patrimoines déjà conséquents.

Combien de temps faut-il réellement pour transformer une montre de 50 000 € en cash ?

Les montres de luxe, en particulier certains modèles de marques comme Rolex, Patek Philippe ou Audemars Piguet, ont connu une appréciation spectaculaire, les positionnant comme une classe d’actifs à part entière. Cependant, comme pour les diamants de couleur, la liquidité n’est pas aussi instantanée qu’on pourrait le croire. Transformer une montre d’une valeur de 50 000 € en cash est un arbitrage entre vitesse et prix de vente.

La méthode la plus rapide est la vente directe à un marchand spécialisé. En 24 à 72 heures, l’affaire peut être conclue. Mais cette rapidité a un coût : le marchand doit dégager une marge et se couvrir contre les risques, ce qui se traduit par une décote de 20% à 30% sur la valeur de marché de la montre. Pour une pièce à 50 000 €, cela représente une perte immédiate de 10 000 € à 15 000 €. Une autre option est le dépôt-vente auprès d’une boutique de luxe. Le prix de vente sera plus élevé, mais le délai s’allonge considérablement, de 1 à 6 mois, et la commission reste significative (15-25%).

Enfin, la vente aux enchères peut permettre d’atteindre des prix records si plusieurs collectionneurs se disputent la pièce, mais c’est un processus qui dure 3 à 4 mois (expertise, catalogage, vente, paiement) et dont la commission avoisine les 25%. Comme le souligne un expert de Francine Joaillerie dans son guide sur l’investissement horloger :

Une montre bien entretenue, accompagnée de tous ses documents, est un gage de tranquillité et assure un meilleur retour sur investissement en cas de revente

– Francine Joaillerie, Guide ultime pour investir dans les montres de luxe

Cet état de fait est crucial : la présence de la boîte, des papiers d’origine et des factures d’entretien (« full set ») est non négociable pour obtenir le meilleur prix. Transformer une montre de luxe en cash est donc possible, mais jamais instantané et sans coût. La liquidité existe, mais elle est soumise à de fortes frictions.

Comparaison des délais et commissions selon le canal de vente pour une montre de luxe
Canal de vente Délai Commission/Décote Avantages
Vente directe marchand 24-72h 20-30% Rapidité maximale
Dépôt-vente boutique luxe 1-6 mois 15-25% Prix plus élevé
Vente aux enchères 3-4 mois 25% Potentiel de surcote

À retenir

  • La valeur d’un bijou n’est pas son poids en or, mais son prix de revente net après déduction de la « façon », des commissions et de la fiscalité.
  • La liquidité est le facteur clé : un lingot est quasi-universel, tandis qu’un bijou signé ou une pierre de couleur cible un marché de niche plus lent.
  • En Belgique, l’optimisation fiscale via une société favorise l’or d’investissement (0% TVA) au détriment des autres métaux ou des bijoux finis (21% TVA).

Les montres de luxe sont-elles un meilleur placement que l’immobilier locatif en 2024 ?

Comparer les montres de luxe à l’immobilier locatif peut sembler incongru, pourtant, pour un investisseur belge, l’analyse comparative révèle des avantages et inconvénients marqués pour chaque classe d’actifs. Sur le papier, certaines montres ont affiché des performances spectaculaires. Selon les données du marché des montres de collection, des modèles emblématiques comme la Rolex Submariner ou la Daytona ont vu leur valeur plus que doubler en quelques années, un rendement que peu de biens immobiliers peuvent égaler.

Cependant, cette performance est concentrée sur un nombre très restreint de références. L’immobilier, lui, offre un rendement plus prévisible et moins volatil, sous forme de revenus locatifs réguliers. La principale différence réside dans la fiscalité, la liquidité et le ticket d’entrée. En Belgique, la fiscalité sur les revenus locatifs peut être lourde (jusqu’à 50% après indexation du revenu cadastral), tandis que la plus-value sur la vente d’une montre détenue en « bon père de famille » est nulle. Si l’administration fiscale considère l’opération comme spéculative, la taxation peut atteindre 33%.

Le tableau ci-dessous, contextualisé pour la Belgique et basé sur une analyse comparative des classes d’actifs, synthétise les points clés de cet arbitrage.

Montres de luxe vs Immobilier locatif : comparaison des investissements en Belgique
Critère Montres de luxe Immobilier locatif
Fiscalité Belgique 0% si bon père de famille, 33% si spéculation Jusqu’à 50% sur revenus locatifs
Liquidité Élevée (jours/semaines) Faible (mois)
Ticket d’entrée À partir de 5000€ Minimum 100 000€ + frais
Entretien 500-2000€/5 ans Variable, charges continues
Rendement moyen Variable, jusqu’à 30% sur 5 ans (certains modèles) 2-4% net après charges et impôts

En conclusion, la montre de luxe n’est pas un « meilleur » placement que l’immobilier, c’est un placement différent. Elle offre une meilleure liquidité, un ticket d’entrée plus faible et une fiscalité potentiellement plus douce, mais avec un risque et une volatilité bien plus élevés, sans génération de revenus passifs. Pour l’investisseur belge, elle représente un excellent outil de diversification, mais ne saurait remplacer la stabilité et les revenus réguliers d’un parc immobilier bien géré.

Pour passer de la théorie à la pratique, une évaluation rigoureuse de chaque pièce potentielle selon ces critères financiers est la seule démarche pertinente. Chaque achat doit être précédé d’un calcul de sa valeur intrinsèque et d’une analyse de son potentiel de liquidité et de ses frictions fiscales.

Rédigé par Valérie Michiels, Conseillère en gestion de patrimoine spécialisée dans les "passion assets" (bijoux, art, montres) et commissaire-priseur associée. Elle accompagne les investisseurs belges dans la constitution et la transmission de collections de valeur.